Madame Mouchabeurre

L’action de Madame Mouchabeurre se déroule à Plou Her Meur, un petit port du pays bigouden, et s’étale sur une trentaine d’années allant du milieu des années 50, marquées par l’arrivée du Coca Cola en Europe, à la fin des années 80 où la France entre dans l’ère des « fast food ».
Le destin de Gwenda Mouchabeurre, (traduction littérale de Butterfly), commence aussi tragiquement que celui de la malheureuse japonaise. Comme Butterfly, Gwenda Mouchabeurre, née Chouchen, sera séduite et engrossée par un marin américain sans scrupules, un certain John Pinkerton. Cependant Gwenda Chouchen ne se fera pas Harakiri, mais épousera Yvon Mouchabeurre, un brave garçon à qui elle était promise depuis toujours, sans toutefois lui avouer qu’il n’est pas le père du petit Jean né prématurément moins de neuf mois après leur mariage.
L’histoire s’arrêterait là, si une vingtaine d’années plus tard, un navire américain n’accostait à nouveau à Plou Her Meur, avec à son bord un certain John Pinkerton Jr...

Ce John Pinkerton Jr ressemble comme deux gouttes d’eau à son père, vingt ans plus tôt. Madame Mouchabeurre en perd la tête au point de révéler que le petit Jean n’est pas le fils d’Yvon Mouchabeurre ; révélation qui entraîne des départs en cascade : celui d’Yvon Mouchabeurre qui ne peut pardonner à sa femme de lui avoir caché la vérité pendant plus de vingt ans, et celui du petit Jean qui s’embarque pour les Etats Unis avec John Pinkerton Jr afin d’y rencontrer son vrai père.
Seule et rejetée par tous, cernée par les marées noires, Gwenda Mouchabeurre, gardera cependant espoir, sans doute consciente que les spectacles des Caramels fous ont toujours un « happy end ». En effet, après une dizaine d’années passées à galérer aux Etats-Unis, son fils reviendra au pays ramenant avec lui John Pinkerton Jr décidé à s’installer en Bretagne. Yvon Mouchabeurre reviendra lui aussi au pays et, toujours amoureux de Gwenda, finira par lui pardonner.
A côté des destins de Gwenda et Yvon Mouchabeurre, du petit Jean et de John Pinkerton père et fils, on suit d’autres destins non moins riches en émotions et en rebondissements. Le destin tragique de la mère Chouchen, une alcoolique invétérée qui finit noyée dans le port un soir de fête ; ceux non moins douloureux du curé homosexuel et de sa bonne vainement amoureuse de lui ; celui de Rocky le marin’s devenu Roxie, star transsexuelle à New York, celui de Gaël, l’ami-amant d’enfance du petit Jean, etc. etc.